Lectures...

Des lectures d'hier et d'aujourd'hui, d'ici et d'ailleurs, et celles de demain qui n'ont pas encore été traduites :)


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vendredi 6 mars 2015

Homère et Shakespeare en banlieue, Augustin D'Humières

Aujourd'hui, je ne vous parle pas d'un roman, mais d'un témoignage. Homère et Shakespeare en banlieue, c'est l'histoire d'Augustin D'Humières, professeur de lettres classiques en région parisienne.
Titre publié chez Grasset en septembre 2009.
Présentation de l'éditeur:
« Dans ce lycée de la banlieue parisienne, la réussite n'est pas au programme. Le chemin le plus normal : l'échec, la violence parfois, l'ennui souvent. Un jeune professeur de lettres a décidé de croire que la banlieue n'est pas une fatalité. "M'sieur d'Humières" a 37 ans. Il se bat pour le grec, le latin et le théâtre. On le prend pour un fou. Il continue. Avec un principe : viser haut. Ses élèves apprennent la langue d'Homère et jouent au théâtre dans celle de Shakespeare. Et quand leur vient l'envie de transmettre leur expérience aux plus jeunes, c'est un signe, un petit signe, que rien n'est encore perdu. »

Acheté par erreur, j'ai lu ce livre à une vitesse folle. En tant que professeure, je me voyais moi-même dans la description de l'auteur:  l'arrivée dans un établissement de cité un peu vétuste, peu accueillant, des élèves de tous horizons, origines, confessions, la violence et la tension dans l'air, le petit nouveau qui récupère toutes les classes dont personne d'autre ne veut, les profs au bord de la crise de nerfs, de la dépression...
Bref, un témoignage de prof! 
Ce que j'ai aimé par-dessus tout, au début du livre, c'est que ce professeur de lettres classiques s'exprime sans fard, sans discours politique sur sa condition de professeur. S'il y a bien une chose dont j'ai assez, ce sont ces discours moralisateurs que l'on entend à tout bout de champ ("il vient d'un milieu peu favorisé", "elle partage la chambre avec sa soeur", "les parents rentrent tard"...). On peut réussir dans la vie quand on a des parents qui rentrent tard, qu'on partage notre chambre, que notre père se retrouve au chômage et que notre mère est handicapée! On peut réussir si on s'en donne la force, si on a un minimum de volonté, j'en suis la preuve (enfin, je suis prof, c'est déjà ça me direz-vous), surtout que là, les élèves concernés ne sont plus des petits du collège!
Augustin d'Humières explique donc tous les bâtons que l'administration lui a mis dans les roues quand il faisait la promotion du grec dans les collèges pour les futurs élèves, sa note administrative qui n'augmentait guère, les différends qu'il a eu avec les élèves ( bah oui, des groupes de 35 en cours de grec, c'est convivial, ça n'apporte aucune tension...).
Il renvoie l'image, peu à peu, d'un professeur réellement investi pour ses élèves, qui n'hésitent pas à leur montrer l'exemple et à "sacrifier", si je puis dire, c'est weekends pour monter un projet avec eux, pour les tirer vers le haut, les forcer à donner le meilleur d'eux-mêmes.
En plus de son témoignage, en italique, il y a des interviews d'anciens élèves et une interview d'une proviseur de lycée, qui elle, à vouloir réellement maintenir un ordre et un équilibre dans son établissement, à finit par se faire "muter" (quel beau mot, quelle belle litote...) car les professeurs ( les syndicats) ne voulaient pas de sa politique d'établissement... C'est malheureux, ça me dépite.

Bref, un très bon témoignage, qui intéressera les profs et qui pourrait permettre aux non-profs de mieux comprendre le milieu dans lequel on évolue, dans lequel on se bat pour la survie de la culture et pour les générations à venir!

jeudi 8 janvier 2015

A quoi ça sert d'écrire?



C'est choquée, abasourdie et dégoûtée que j'écris aujourd'hui. J'ai appris la nouvelle en checkant facebook lors d'une journée shopping avec ma maman, une journée que j'espérais plaisante. Mais quand, à l'heure du déjeuner, j'ai vu les statuts de mes contacts, puis l'info, je n'ai pas pu m'empêcher de pleurer.
On parle de tout et de rien sur les blogs, de ce qu'on aime, de ce qu'on fait, de ce qu'on vit.
Je parle de chick-lit, de romans policiers, fantastiques ou d'horreur que j'aime lire... Mais quand ce qu'on lit dans les journaux dépasse la fiction que l'on aime, c'est à se demander si le monde tourne rond.
Hier, 12 personnes sont mortes. Elles ne sont pas mortes, non, elles se sont faites massacrer. Et pourquoi? Pour les articles qu'elles ont écrits, pour les dessins qu'elles ont publiés, pour protéger la liberté d'expression.
Et elles se sont faites massacrer par qui? Par des connards qui se revendiquent religieux mais qui sont trop cons pour lire ne serait-ce qu'une sourate du Coran, qui ont préféré se laisser monter la tête par des religieux fanatiques et manipulateurs.
J'ai la haine. Si Dieu existe, si Dieu m'entend, je n'aurais qu'une prière: qu'il fasse disparaître ces putains de parasites indésirables de la surface de la Terre, qu'on vive enfin en paix.


Et je voudrais aussi dire MERCI. Merci Cabu, merci Charb, merci à tous ces dessinateurs qui m'ont faite rire même si je ne lisais pas Charlie Hebdo dès sa sortie. Merci à ces gens qui ont donné leur vie à la liberté d'expression, et qui se la sont faite prendre par des incultes sans aucun second degré, sans aucune notion du bien, du mal et de l'humanité.
                   


Je pense à vous, à ceux aussi dont on parle moins, les policiers, l'agent d'entretien, la psychanalyste qui sont, eux aussi, morts à cause de cons.

Je me remets en question en temps que professeur. C'est les larmes aux yeux que je suis venue en cours ce matin. Je n'avais pas le courage d'avoir le sourire comme d'habitude, je n'étais pas motivée, alors comment motiver mes élèves? Je n'avais pas la force non-plus de répondre à leurs questions, surtout que pour eux, Charie Hebdo n'est qu'un titre de journal, et le plan vigipirate, une annulation de leurs sorties prévues cette semaine. Je n'avais pas la force de leur expliquer tout ça, ce qu'il s'était déjà passé en France en 2001 suite aux attentats du World Trade Center, la façon dont on était surveillé, nos plateaux fouillés au MacDo (j'avais 11 ans à l'époque, ça m'a marqué!). Mes élèves sont loin de tout ça. Mon rôle, en plus de leur apprendre à parler anglais, est de les ouvrir sur le monde, tant pour leur avenir que pour leur construction en tant qu'adulte. Je fais en ce moment une séquence sur l'immigration aux Etats-Unis avec mes secondes, et j'ai pris pour illustrer le sujet des extraits de American dad et South Park sur l'immigration mexicaine. Bien sûr, c'est du second degré! Ces cartoons se moquent de la politique, de la religion, des faits d'actualité, et il faut avoir un minimum d'humour pour apprécier! Vais-je devoir me conformer à un programme spécifique pour ne heurter la sensibilité de personne? J'espère, du fin fond de mon coeur, que mes élèves, les futurs citoyens de demain, comprennent cet humour, et ont un minimum de bon sens. On doit déjà prendre tellement de pincettes dans notre métier pour ne heurter la sensibilité de personne, je ne vais pas en plus me punir en n'utilisant pas les documents authentiques qui m'intéressent pour faire des cours intéressants ET instructifs. Que ce soit des extraits de South Park sur la religion, des extraits de romans de Salman Rushdie, je ne me mettrai pas à genoux.

mardi 23 septembre 2014

Dédicace: Le souffle d'Erya, Cédric Michel Bouet

Michel Bouet, professeur d'anglais au collège des M********, près de mon collège, sera en dédicace à la Fnac de Cergy le samedi 27 septembre 2014, de 14h à 19h.

Résumé: Les terres d’Erya viennent de subir une terrible défaite face au machiavélique grand prêtre Ardhjil Fahssar, serviteur de Rhaban et détenteur de la Pierre noire, l’éblouissante Obsidienne. Ce dernier, animé par de sombres desseins, ne compte d’ailleurs pas en rester là. 
Démuni face à ce grand péril, Galaad, prince d’Erya, découvre que le soutien dont il a tant besoin réside là où il ne s’y attendait pas. Tout d’abord, il y a cette rébellion qui fait beaucoup parler d’elle dans les territoires qu’Ardhjil Fahssar a conquis. Puis, cette famille qu’on lui a présentée : Balthus, le père, savant hors normes, dont la dernière invention va révolutionner l’art de la guerre ; Hector, son fils, qui s’est illustré au cours des derniers affrontements ; et Tara, sa fille adoptive, savante en devenir au passé énigmatique.
Galaad doit-il fonder là tous ses espoirs de reconquête ?

Auteur de fantasy, il publie le tome 2 du Souffle d'Erya, intitulé Chandhara.


Résumé: Les terres d'Erya tentent de reprendre leur destin en main.
A l'aune du succès remporté par les rebelles à Brana Mynn, les espoirs sont grands, l'avenir s'annonce riche de promesses.
C'est sans compter, cependant, sur Ardhjil Fahssar. Investi d'un pouvoir divin, et en possession de l'Ir-Gwaith et de Ker-Ihzor, deux des pierres de pouvoir, il œuvre pour que s'accomplisse le sombre dessein de son dieu et n'a d'autre but désormais que de s'emparer des deux pierres manquantes : celle des Amazones et celle des Eryans. 
Pour cela, il doit  conquérir Chandhara, la formidable citadelle, fief des Amazones et leurs dragons..

Tales from Wales, Gwyn Jones

A part ça, en ce moment, je passe 18 heures par semaine à indexer des livres au CDI car la documentaliste "n'arrive pas à avancer" et elle m'a chargée d'enregistrer les livres de contes sur PMB (équivalent BCDI). Je suis d'habitude friande de conte, mais c'est la quatrième semaine que je passe mes journées à ça et franchement, je n'en peux plus. Je pense que les conversations à base de sistite y sont aussi pour quelque chose dans mon ennuie...

Bref. Du coup, quand je rentre chez moi, je n'ai pas trop envie de lire des contes. Pourtant, il y a des livres que j'ai depuis des lustres (au moins une lustre on va dire) et qu'il faudrait bien que je lise...

Donc, après les deux Fairy Chronicles, je m'attaque à la série des contes de Grande-Bretagne. J'ai commencé par les Tales from Wales, contes du Pays de Galles, par Gwyn Jones. Amour, loyauté, envie, jalousie... tels sont les thèmes abordés dans ce recueil pour expliquer la construction du Pays de Galles et sa lignée royale, entre réalité et magie.



Les contes proposés sont plus ou moins connus, et plus ou moins intéressants. Les fans de contes gallois vont m'en vouloir, mais j'ai trouvé que la narration manquait de rythme et que quelques illustrations ou photos auraient été les bienvenues.

Une fois de plus, c'est un recueil qui pourrait être utilise à des professeurs d'anglais qui travaillent sur le Royaume-Uni avec des fin de collège, début de lycée. C'est un des intérêts de ce livre, qui se lit vraiment rapidement car il fait moins d'une centaine de pages. C'est aussi bien pour les curieux ;)