Lectures...

Des lectures d'hier et d'aujourd'hui, d'ici et d'ailleurs, et celles de demain qui n'ont pas encore été traduites :)


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mardi 5 avril 2016

Le Diable s'habille en Prada, Lauren Weisberger

Titre original: The devil wears Prada
Parution: 2003
Edition: Anchor book

L'histoire: Andrea est une jeune femme qui rentre de plein fouet dans la vie active. Absolument pas New-Yorkaise, elle sort du lot tant par ses tenues que par ses manières. On pourrait croire à une blague lorsqu'elle postule pour le poste d'assistante d'une importante et impitoyable rédactrice en chef de la revue Runway, Miranda Priestly, mais elle obtient ce travail de fou. Un an en tant qu'assistante et elle pourra avoir le job qu'elle convoite réellement: journaliste au New York Times.
Entre sa famille, sa coloc, son petit ami, les soirées mondaines et les rencontres VIP, Andrea voit sa vie bousculée et son temps libre disparaître, asservie par Miranda, sa boss.



Mon avis: A peu près dix ans que j'avais ce roman dans ma PàL... Ayant vu le film plusieurs fois, je procrastinais, mais j'ai acheté la suite donc il faut bien commencer par le commencement^^
J'ai eu un peu de mal au départ. Le lecteur est plongé dans l'action In medias res, c'est-à-dire qu'on fait la connaissance d'Andrea alors qu'elle est déjà dans un taxi, à courrir partout. Le style est un peu lourd, les mots utilisés ne sont pas les plus courants. La narration est interne, nous sommes dans la tête d'Andrea, qui se destine à une carrière de journaliste sérieuse, d'où le registre assez soutenu au début. Je l'ai lu en version originale, je ne sais pas ce que donne la traduction^^ En réalité, je m'attendais à un style aussi léger que celui des romans de Sophie Kinsella, mais même si Le diable s'habille en Prada est de la chick lit, j'ai eu l'impression de lire un roman plus sérieux, qui m'a moins vidé la tête ou fait rire que ce que j'ai l'habitude de lire.
Je pensais connaître le film, mais le roman est bien différent. Bye bye Anne Hathaway, bonjour blonde taille 38 qui ne répond tout de même pas aux critères d'exigences de Runway. Il y a beaucoup d'éléments dans le roman qui ont été repris dans le film, comme la relation entre Andrea et Emily, l'autre assistante de Miranda, où la quête des romans Harry Potter pour les jumelles de la rédactrice.
Dans le roman, le personnage de Miranda prend une toute autre ampleur: c'est vraiment une peste tyrannique qui n'a pas conscience des réalités de la vie, un personnage qui se fait servir continuellement, sans un merci, comme si c'était absolument normal. Le personnage détestable dans toute sa splendeur. Emily, qui forme Andrea, est par contre plus sympathique que dans le film: elle la conseille, lui file des tuyaux, même si elle est quand même dépitée qu'Andrea prenne sa place lors de la fashion week à Paris alors que c'était son Graal, l'aboutissement de sa carrière d'assistante à Runway.


Je pense que beaucoup de filles ou de jeunes femmes peuvent se retrouver dans le personnage d'Andrea: elle fait tout pour atteindre son but, elle sacrifie beaucoup de choses, au détriment de sa relation amoureuse, et son copain, en retour, passe de moins en moins de temps avec elle. Alors quand elle rencontre Christian, un auteur à succès qui lui fait du charme, n'est-ce pas normal de se laisser prêter au jeu? Est-ce qu'elle va tout plaquer pour reprendre une vie "normale", ou va-t-elle garder son quotidien de folie? Hé bien, pour savoir, il faut lire ce roman^^ Pour info, Lauren Weisberger a elle-même travaillé pour Vogue, elle se serait inspirée de son expérience personnelle pour écrire ce roman.


Et pour ceux qui veulent la suite des aventures d'Andrea, Vengeance en Prada a été publié fin 2013 chez Fleuve noir ;-) 

vendredi 25 mars 2016

Odette Toulemonde et autres nouvelles, Eric-Emmanuel Schmitt

Parution: février 2009
Edition: Le livre de poche

L'histoire: "Wanda Winnipeg", nouvelle riche qui revient dans son village natal, voit son passé lui revenir en pleine face lorsqu'elle croise son premier amant.
"C'est un beau jour de pluie", ou comment voir tout ce qui est beau dans la vie après avoir connu le malheur.
"L'intruse", une étrangère dans la maison où une femme active vit seule depuis que son compagnon est parti. Elle a beau tenter de la débusquer, l'intruse est introuvable.
"Le faux", entre mensonge et adultère. Un homme offre un Picasso à sa maîtresse pour la mettre à l'abris, tableau qu'elle pourra revendre en cas de besoin. La maîtresse, trahie par son amant et l'authenticité du tableau, choisit de se venger en offrant à son tour le tableau à une étudiante asiatique. 
"Tout pour être heureuse", ou presque. Une femme découvre que son mari a une double vie le jour où elle rencontre son fils caché. 
"La princesse aux pieds nus", c'est une jeune femme qui profite de son statut pour manipuler les hommes dans un hôtel.
"Odette Toulemonde", c'est une femme comme tout le monde, qui rencontre son auteur préféré, à qui elle est incapable de parler au moment d'une dédicace, elle est comme tétanisée. Elle lui écrit une lettre pour lui dévoiler ce qu'elle a sur le coeur, sans se douter que cette lettre sera lue par l'auteur et que ça fera bascouler son quotidien si tranquille.
"Le plus beau livre du monde", c'est un livre écrit par des prisonnières dans un camp pendant la seconde guerre mondiale.
Huit nouvelles, des personnages attachants, des tranches de vie partagées.



Mon avis: J'ai découvert Eric-Emmanuel Schmitt avec sa nouvelle "La Part de Reine", parue dans le recueil 13 à table! en novembre 2014 (http://leslecturesdepouti.blogspot.fr/2014/11/13-table.html), qui m'avait particulièrement émue. Suite à cette découverte, j'ai acheté plusieurs roman de cet auteur, dont le recueil Odette Toulemonde et autres nouvelles.
C'est difficile de parler d'un recueil de nouvelles. Déjà, on ne peut pas tout résumer, au risque de dévoiler toutes les histoires, et de gâcher le plaisir du prochain lecteur. Ensuite, on a moins le temps de s'attacher aux personnages. J'ai adoré Odette Toulemonde, Wanda Winnipeg, et les femmes des camps de concentration, même si chaque nouvelle porte un message vraiment différent. La schizophrénie, les regrets, les rêves, le chagrin, tous ces thèmes sont brassés dans ce recueil. EE Schmitt a ce talent de faire passer des rires aux larmes, de faire passer un message fort sur un sujet léger, et un message léger sur un sujet fort (lisez vraiment "Le Plus beau Livre du Monde", vous verrez... J'ai attendu la chute, et je ne m'y attendais pas!).
La nouvelle principale du recueil est, bien évidemment, "Odette Toulemonde". J'en avais déjà entendu parler au moment de la sortie du film, mais je n'ai jamais eu la curiosité de le regarder. EE Schmitt explique à la fin du recueil que c'était la première fois qu'il travaillait pour le cinéma. Habituellement, un roman ou une nouvelle est adapté pour l'écran, là, EE Schmitt a adapté son scénario en nouvelle pour l'offrir à tous les lecteurs. Croyez-moi, pour avoir fait des études de cinéma, que lire un scénario peut être parfois plus lourd, avec tous les détails qu'il faut se représenter, et il n'y a pas de focalisation interne, alors qu'avec la nouvelle du recueil, on a bien les sentiments d'Odette... Je préfère!
Suite à cette note de l'auteur, même si je n'ai pas vu le film, après avoir fini ce livre, j'ai eu la curiosité de regarder la bande-annonce du film. Attention spoiler; j'ai l'impression que toute la nouvelle est résumée dans le teaser :-(



J'aime beaucoup la lettre qu'Odette écrit à monsieur Balsan, c'est exactement le genre de message que j'aimerais envoyer à certains auteurs, sauf que... Je n'ose pas. On entend un extrait de la lettre dans la bande-annonce, sinon, il faut lire la nouvelle ;-)

De quoi passer un bon moment!